
Évolution du nombre d’étudiants étrangers en France
Le nombre d’étudiants étrangers inscrits dans l’enseignement supérieur français au cours de l’année universitaire 2023-24 est de 430 466 (incluant 10 772 apprentis étrangers en section de technicien du supérieur), en augmentation de 4,5 % sur un an et de 17 % sur cinq ans (par rapport à l’année 2018-19).
Cette évolution intervient après une croissance exceptionnelle de 7,6 % en 2021-2022, liée au rattrapage des mobilités post-pandémie, et une croissance plus modérée de 2,6 % en 2022-2023. L’évolution du nombre d’étudiants étrangers en France repart donc à la hausse plus rapidement sur l’année 2023-24, et s’inscrit dans une trajectoire qui conduirait à 500 000 étudiants étrangers en 2027.
Les étudiants étrangers représentent 14 % de la population étudiante en France, une proportion stable d’une année sur l’autre. Hors apprentis étrangers en STS, on dénombre en 2023-2024 un total de 419 694 étudiants étrangers (croissant de 4,2 % sur cinq ans), base sur laquelle nous pouvons construire les analyses de ce document.
Évolutions géographiques en 2023-2024
Cette année est marquée par un regain des mobilités en provenance d’Asie-Océanie, même s’il ne bouleverse pas les tendances de long terme.
Bien que toujours en tête, le nombre d’étudiants du Maroc est en baisse de 4 % en un an. À l’inverse, les effectifs d’Algérie, en deuxième position des pays d’origine, augmentent de 7 %. La Chine, troisième pays d’origine, connaît une croissance de ses effectifs de 6 %, après une baisse observée les années précédentes en période de pandémie et de fermeture des frontières.
Les pays du top 10 restent les mêmes que l’année 2022-2023, avec seulement un changement de position entre le Liban et la Côte d’Ivoire, dû à la forte croissance du nombre d’étudiants de Côte d’Ivoire (+ 10 %) contrastant avec une baisse de 3 % des effectifs du Liban, à la suite de fortes hausses précédemment.
Répartition et tendances par type d’établissements
Le nombre d’étudiants étrangers augmente dans tout l’enseignement supérieur français, mais l’ampleur et le rythme de cette croissance varient selon le type d’établissements.
Les universités continuent d’accueillir la majorité des étudiants étrangers en France (plus de 264 000), avec 63 % du total, contre 69 % il y a 5 ans. Les effectifs y ont augmenté à un rythme de 7 % sur 5 ans. Les écoles de commerce ont connu une croissance rapide de leurs effectifs d’étudiants internationaux, avec + 70 % de hausse sur la période. Elles représentent désormais 15 % du total de ces étudiants, contre 10 % il y a 5 ans. Les effectifs d’étudiants étrangers augmentent également fortement dans les écoles d’ingénieurs, particulièrement sur la dernière année (32 000, + 22 % en cinq ans et + 9 % sur un an), dans les formations du supérieur en lycées (23 800, + 45 %), et, dans une moindre mesure, dans les écoles d’art et d’architecture (11 600, + 12 %).
Ces évolutions sont à rapporter à celle des effectifs globaux de l’ESR (étudiants français et étrangers) : à l’université, le nombre d’étudiants internationaux augmente plus rapidement (+ 2 %) que l’ensemble des étudiants (+ 0,5 %). Les évolutions les plus fortes concernent les écoles de commerce (+ 11 % d’étudiants étrangers, contre + 2 % pour l’ensemble des étudiants en école de commerce) et les écoles d’ingénieurs (+ 9 %, contre - 2%).
Étudiants étrangers à l’université: des évolutions variées selon les niveaux et les disciplines.
Avec plus de 264 000 étudiants étrangers, l’université voit ses effectifs augmenter de 7 % en cinq ans. Les deux tiers d’entre eux étudient les sciences exactes et les lettres, langues et sciences humaines, mais les filières santé médecine sont celles qui connaissent l’augmentation la plus forte.
Parmi eux, 30 % proviennent de la zone ANMO (79 300, + 3 % en cinq ans), 27 % d’Europe (70 900, + 13 %), 26 % d’Afrique subsaharienne (68 000) en forte hausse (+ 17 %). Les zones Asie-Océanie et Amériques ont de plus faibles effectifs en baisse, respectivement 26 000 (- 9 %) et 19 900 (- 4 %) en cinq ans.
L’évolution des effectifs par niveau d’études, montre une hausse importante de 14 % sur cinq ans pour le niveau licence, une hausse plus modérée de 4 % pour le niveau master, et une baisse notable de 14 % pour le doctorat.
Les étudiants étrangers représentent 16 % de l’ensemble des inscrits à l’université : 18 % au niveau master, et 14 % au niveau licence. Malgré la baisse du nombre de doctorants étrangers, ces derniers représentent 37 % de l’ensemble des étudiants inscrits en doctorat à l’université.
Au niveau doctorat, les cinq premiers pays d’origine sont la Chine (1 800 doctorants), l’Italie (1 600), le Liban (1 500), le Maroc (1 200) et l’Algérie (1 100).
La baisse du nombre de doctorants est particulièrement marquée pour les Algériens (moins 4 % en un an et moins 24 % sur cinq ans) et les Tunisiens (moins 3 % en un an et moins 35 % sur cinq ans). Les doctorants de certains pays d’Amérique latine et d’Europe (Brésil, Espagne et Allemagne notamment) connaissent également des baisses significatives (entre - 12 % et - 16 % sur cinq ans).
Par ailleurs, bien que la Chine et l’Italie se maintiennent parmi les plus grands pourvoyeurs de doctorants, elles ont aussi connu une baisse d’effectifs sur cinq ans, malgré une reprise interannuelle (+ 3 % pour la Chine et + 7 % pour l’Italie).
Les sciences exactes (STAPS incluses) sont l’ensemble disciplinaire le plus choisi, avec un tiers des étudiants étrangers inscrits à l’université, et en augmentation de 14% en cinq ans. Les lettres, langues et sciences humaines sont le deuxième ensemble disciplinaire le plus suivi (30%) mais en augmentation plus faible (+3%). Le nombre d’étudiants en économie ou en droit et science politique est en baisse (respectivement -2% et -1% en cinq ans). À l’inverse, le nombre d’étudiants étrangers inscrits en filières de santé et médecine est en forte hausse (+9% en un an, +31% en cinq ans). Parmi les contingents ayant les effectifs les plus importants en santé et en médecine, ceux d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, du Cameroun et du Sénégal sont responsables de la moitié de l’augmentation observée en un an. Ces contingents ont connu une croissance significative, avec des hausses comprises entre 9% et 29% sur une année, et entre 26% et 122% sur cinq ans. Cette hausse peut s’expliquer notamment par la réforme remplaçant le numerus clausus par le numerus apertus qui augmente le nombre de places (+5% d’étudiants inscrits, toutes nationalités confondues, en un an).
